
REVERDIR L’AFRIQUE
À propos
Reverdir l’Afrique est un programme phare des Nations Unies en matière de restauration mondiale. Il est reconnu comme l’un des meilleurs exemples de restauration des écosystèmes à grande échelle et à long terme sur le plan mondial et constitue une illustration concrète des 10 principes pour la restauration de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. Il s’agit d’une initiative à l’échelle du continent qui vise à mettre fin à la dégradation des terres, à restaurer les paysages dégradés, à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et à renforcer la résilience communautaire au changement climatique en Afrique.
Regreening Africa (Phase I):
La première phase de Reverdir l’Afrique (2017-2023) a encouragé des pratiques de gestion durable des terres qui ont aidé plus de 600 000 ménages et couvert près d’un million d’hectares dans huit pays africains (Éthiopie, Ghana, Kenya, Mali, Niger, Rwanda, Sénégal et Somalie).
Regreening Africa (Phase II):
Cette initiative s’appuie sur les réussites de la première phase de Reverdir l’Afrique et elle est mise en œuvre sur une période de 5 ans (2024 – avril 2029). Elle vise les objectifs suivants :
Aider (y compris au moyen d’incitations) les petites exploitations familiales agricoles et pastorales à adopter et à affiner des pratiques de reverdissement diverses, adaptées et lucratives grâce à des politiques publiques positives, à une gouvernance locale favorable, à l’autonomisation des femmes et des jeunes, au développement des connaissances et à davantage d’investissements.
Permettre aux petits agriculteurs et pasteurs, ainsi qu’aux exécutifs locaux et nationaux, à la société civile, et aux partenaires du secteur privé, de s’appuyer de plus en plus sur les données probantes liées à la restauration pour éclairer, améliorer et adapter leurs prises de décisions.
Renforcer les entreprises rurales vertes et centrées sur la restauration, promouvoir les perspectives d’emploi pour les jeunes et les femmes, et développer des filières valorisant les arbres.
Les pays où nous travaillons :
La deuxième phase de Reverdir l’Afrique est mise en œuvre au Ghana, en Somalie, en Éthiopie, au Nigéria, au Mali, au Sénégal et au Niger. Elle vise à :
- Aider (y compris au moyen d’incitations) les petites exploitations familiales agricoles et pastorales à adopter et à affiner des pratiques de reverdissement diverses, adaptées et lucratives grâce à des politiques publiques positives, à une gouvernance locale favorable, à l’autonomisation des femmes et des jeunes, au développement des connaissances et à davantage d’investissements.
- Permettre aux petits agriculteurs et éleveurs pastoraux, ainsi qu’aux exécutifs locaux et nationaux, à la société civile, et aux partenaires du secteur privé, de s’appuyer de plus en plus sur les données probantes liées à la restauration pour éclairer, améliorer et adapter leurs prises de décisions.
- Renforcer les entreprises rurales vertes et centrées sur la restauration, promouvoir les perspectives d’emploi pour les jeunes et les femmes, et développer des filières valorisant les arbres.
Cette initiative s’appuie sur les réussites de la première phase de Reverdir l’Afrique (2017–2023), laquelle a encouragé des pratiques de gestion durable des terres qui ont aidé plus de 600 000 ménages et couvert près d’un million d’hectares dans huit pays africains. Elle participe également à la vision qui sous-tend la Grande Muraille verte, à savoir, un paysage sahélien restauré et résilient.
Qu’est-ce que le reverdissement ?
Le reverdissement désigne le processus de restauration de paysages dégradés au moyen de pratiques durables qui améliorent leur état, leur productivité et leur résilience. Parmi ces pratiques, citons, entre autres, l’agroforesterie, l’amélioration de l’état des sols, la régénération naturelle gérée par les agriculteurs (RNA), la conservation des sols et des eaux, la gestion du pâturage et du pastoralisme, et l’accès à des graines et plants améliorés. Lorsqu’elles sont appliquées, surtout ensemble, ces pratiques conduisent à une restauration visible des paysages et à des améliorations significatives du bien-être des communautés qui vivent de ces terres. Elles renforcent également la résilience communautaire au changement climatique : en effet, un sol en meilleur état offre des moyens de subsistance diversifiés et plus productifs. Ce dernier point compte, car la résilience est une condition sine qua non d’une adaptation efficace au changement climatique.
Approche Reverdir l’Afrique :
1. Étoffer et déployer les systèmes et incitations :
Reverdir l’Afrique vise à étoffer et à déployer les systèmes afin de traiter les facteurs de la dégradation des terres tout en encourageant activement la restauration des paysages. Cette approche fonctionne à deux niveaux principaux :
- Zones de mise en œuvre directe : il s’agit de sites où les interventions peu onéreuses sont menées par les communautés (souvent favorisées par des échanges entre agriculteurs) qui forment des pôles d’innovation et d’engagement.
- Interventions d’étoffement et de déploiement : celles-ci ciblent des leviers permettant une adoption plus large au moyen de campagnes de sensibilisation qui encouragent des changements de comportements, des réformes des politiques et de la gouvernance, ainsi qu’un investissement dans les filières locales.
Pour pérenniser la restauration et l’appliquer à plus grande échelle, Reverdir l’Afrique renforce les cadres politiques et institutionnels afin que les efforts de restauration apportent plus d’incitations et d’avantages aux communautés locales, aux femmes et aux jeunes. Il s’agit pour ce faire de promouvoir des politiques publiques propices qui soutiennent la gouvernance locale et créent des conditions propres à encourager les gestionnaires des terres à entreprendre des activités de restauration en ayant l’assurance d’en recueillir les fruits.
2. Options par contexte :
Reverdir l’Afrique encourage la restauration des paysages au moyen d’approches éprouvées et efficaces qui peuvent non seulement s’adapter aux contextes locaux, mais aussi être suivies, vérifiées et évaluées avec précision, et étendues à d’autres contextes. Le programme adhère à l’approche « Options par contexte », qui suppose d’ajuster les pratiques de restauration aux conditions sociales et agroécologiques et aux modes de subsistances propres à chaque lieu.
3. Décisions fondées sur des données probantes :
Reverdir l’Afrique est un programme de recherche dans le champ du développement qui s’appuie sur les données probantes pour guider des prises de décisions afin que les efforts de restauration à grande échelle portent leurs fruits, soient inclusifs et équitables. Le programme permet de recueillir, d’analyser et de synthétiser systématiquement des données à de multiples niveaux. De plus, ses stratégies et ses actions sont éclairées par les données probantes relatives aux processus de restauration et à leurs résultats, ainsi que par celles portant sur les facteurs et incitations qui influencent l’adoption de pratiques durables de gestion des terres et de restauration.
4. Chaînes de valeur locales :
Reverdir l’Afrique met en avant les chaînes de valeur vertes (y compris celles qui reposent sur les arbres et le bétail) et surtout leur rôle clé pour la résilience et les revenus. Il soutient aussi l’entrepreneuriat rural en facilitant l’immatriculation des microentreprises, en fournissant des formations au démarrage et à la conduite de l’activité, et en encourageant l’innovation locale. Grâce à ces efforts, les communautés locales tirent des avantages tangibles de la restauration.
5. Inclusion et durabilité :
Le programme intègre à toutes ses activités des approches destinées à transformer les questions de genre et vise l’inclusion de la jeunesse. Il fonctionne en lien étroit avec des groupes communautaires et incorpore à sa planification les scénarios climatiques futurs. Cette approche garantit le respect de l’équité sociale et la durabilité des efforts de restauration sur le long terme.
6. Engagement effectif des parties prenantes :
Une méthodologie spécifique à l’engagement des parties prenantes facilite l’adaptation et l’apprentissage continus. Elle comprend des dialogues structurés, des plaidoyers politiques, des Missions communes de réflexion et d’apprentissage (MCRA), et des ateliers inclusifs qui contribuent à des améliorations permanentes, tant en matière de mise en œuvre que de résultats.
Pourquoi le reverdissement est-il important ?
On estime qu’au moins 65 % des terres productives d’Afrique sont actuellement dégradées. Cela entraîne une diminution de la productivité agricole, une augmentation de l’insécurité alimentaire, un déclin des revenus, et un affaiblissement de la résilience communautaire au changement climatique. Reverdir l’Afrique vise à faire face à ces difficultés et à contribuer au développement durable de tout le continent.
Restaurer les moyens de subsistance agricoles dans les milieux arides d’Afrique est intrinsèquement lié à la restauration des terres elles-mêmes. La terre est le socle de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que du bien-être et du développement global humains. Elle constitue aussi le moteur du développement économique dans de nombreux pays africains.
La dégradation des terres accentue la vulnérabilité de paysages entiers face aux événements météorologiques de plus en plus extrêmes découlant du changement climatique, tels que des régimes de précipitation imprévisibles, la hausse des températures, de graves sécheresses, des pluies intenses et des inondations. Des interventions efficaces et intégrées de restauration des terres sont donc nécessaires de toute urgence et à une bien plus vaste échelle afin d’atténuer le changement climatique et de favoriser la résilience des communautés locales à ses effets néfastes.
Le rôle de la restauration des terres est largement reconnu pour ce qui est de piéger le CO2 en vue d’atténuer le changement climatique, de renforcer la résilience et la capacité d’adaptation des communautés locales aux catastrophes et au stress climatiques, ainsi que de pérenniser des écosystèmes en bon état.
Avantages attendus
La deuxième phase de Reverdir l’Afrique devrait apporter de nombreux avantages multisectoriels pour faire face aux difficultés décrites, notamment :
L’adoption et l’affinage de pratiques de reverdissement diverses, adaptées et lucratives par 200 000 petites exploitations familiales agricoles et pastorales supplémentaires, des centaines de milliers d’autres personnes étant incitées à faire de même grâce à des politiques publiques positives, à une gouvernance locale favorable, à l’autonomisation des femmes et des jeunes, et au développement des connaissances et à davantage d’investissements.
Un renforcement de la résilience des communautés grâce à de meilleures capacités d’adaptation, à des sols en meilleur état et à des systèmes agricoles diversifiés et plus productifs.
Une plus grande productivité des sols et la production de récoltes nutritives qui amélioreront les revenus des ménages et la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Un plus grand nombre d’entreprises rurales vertes et centrées sur la restauration, avec de meilleures perspectives d’emploi pour les jeunes et les femmes et à un renforcement des filières valorisant les arbres.
Une plus grande utilisation des données probantes liées à la restauration par les petits agriculteurs et pasteurs, ainsi que par les exécutifs locaux et nationaux, les organisations de la société civile, et les acteurs du secteur privé, de sorte à améliorer et adapter leurs prises de décisions en vue d’une restauration plus efficace.
Conformité aux engagements régionaux et mondiaux
- Reverdir l’Afrique est conforme à plusieurs engagements régionaux souscrits et activement soutenus par de nombreux pays africains. Il s’agit notamment de l’Initiative pour la restauration des paysages forestiers africains (AFR100), du Plan d’action de l’Union africaine (UA) pour la relance verte et de l’Initiative de la Grande Muraille verte, qui visent à restaurer les paysages dégradés du continent et à transformer la vie de millions de personnes dans la région du Sahel.
- En outre, ce programme correspond à des engagements mondiaux, parmi lesquels l’Accord de Paris s’inscrivant dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), le Cadre mondial de la biodiversité Kunming-Montréal au titre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), ainsi que la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes et le Défi de Bonn.
